Restauration de la fontaine de La Volpilière : un chantier de sauvegarde sur le causse Méjean
Une toiture qui s'écarte, c'est la structure qui part avec. À Saint-Pierre-des-Tripiers, sur le causse Méjean, la fontaine de La Volpilière attend une restauration de sa couverture: le faîtage présente un écartement qui menace l'ensemble du bâti.

La convention tripartite entre la commune, la Fondation du patrimoine et l'association Agno'Interpro a été signée mardi 11 août, comme le rapporte le site La Lozère Nouvelle. Budget global affiché: 25 400 €.
Le diagnostic du bâti
La fontaine date du XIXe siècle. Construite pour distribuer l'eau aux villageois et abreuver les troupeaux, elle sert encore aujourd'hui aux éleveurs du causse Méjean pour leurs cheptels. Le site La Lozère Nouvelle la qualifie d'édifice unique en son genre sur le causse.
Le problème est mécanique. Un faîtage doit maintenir la charpente sous compression. Quand la ligne de faîte s'écarte, la pluie s'infiltre entre les rangs, les pierres travaillent en traction au lieu de la compression, et l'ensemble se déforme. Sur ce type de toiture en pierre, l'écartement du faîtage seul suffit à condamner l'ouvrage à terme.
Le montage financier
Trois ans ont passé depuis que le conseil municipal a sollicité Paul Gély, délégué départemental de la Fondation du patrimoine. Mardi 11 août, la convention a été signée devant les habitants. Trois signataires: Emmanuel Adely, maire de la commune; Paul Gély, pour la Fondation du patrimoine; Jérôme Redoulès, président d'Agno'Interpro, venu du Tarn.
Répartition du budget:
- Agno'Interpro: 9 000 €.
- Commune: 5 400 €.
- Solde: campagne de mécénat et collecte de dons.
Agno'Interpro regroupe les producteurs d'agneaux de Lacaune du bassin de Roquefort. Mécanisme simple: pour chaque agneau abattu et vendu par une entreprise membre, un euro est reversé à la Fondation du patrimoine pour le patrimoine lié à l'élevage pastoral ovin sur le territoire des agneaux de Lacaune.
Trois contrôles à reprendre sur vos ouvrages
La même pathologie touche margelles, murs-piscines et petites constructions en pierre sèche. Avant la mauvaise saison, trois points à vérifier.
1. Faîtage et arase. Une pierre déplacée ou un joint qui fissure: l'eau entre, la pousse démarre. Reprendre au mortier de chaux, jamais au ciment Portland, qui bloque l'évacuation et accélère la gélivité.
2. Pente d'écoulement. Au faîte comme sur les couronnements, viser une pente minimale de 2% pour éviter la stagnation. L'eau qui stagne rentre toujours dans le joint.
3. Abouts et rives. Souvent en pierre massive, ils cèdent par gel avant le reste de la couverture. Rejointoyer à la chaux hydraulique en deux passes serrées, balayer l'excès avant prise.
Reste l'inattendu: la souscription reste ouverte. Le chantier confirmera, ou non, les hypothèses de l'arc-boutant quand la toiture sera déposée.